Le vélo, ça change le monde!

C’est une histoire de vélo qui commence aux Loisirs communautaires Saint-Michel, quartier Saint-michel à Montréal. Camp de jour, été 2012. Mais on n’en connaîtra pas la fin. Une quarantaine de jeunes vont l’écrire, à leur manière. En fait, ce sera une histoire à dénouements multiples. Car l’expérience les a certainement marqués de façons diverses.

 

« L’an dernier, explique Lise Beauchemin, directrice générale des Loisirs communautaires Saint-Michel, nous avons acheté 18 vélos usagés, des casques, du matériel et des outils d’entretien de vélo afin de pouvoir incorporer dans la programmation du camp de jour des activités vélo pour une quinzaine de garçons de 12 et 13 ans. Vivants, très vivants, les garçons! Nous nous disions qu’ils auraient ainsi l’occasion de bouger et de dépenser leur énergie débordante en se familiarisant avec ce moyen de transport actif. Nous ne pensions jamais avoir un tel succès. » Pour tout dire, jeunes, parents et animateurs n’en sont pas encore tout à fait revenus.

Avant de se lancer à l’assaut des pistes cyclables, ces jeunes fringants ont d’abord dû se familiariser avec le Code de la route, les signes utilisés et les règles du transport en groupe. Ils ont également eu des cours sur la réparation, l’entretien et l’ajustement des vélos, voire même sur leur utilisation, notamment en ce qui concerne les changements de vitesse. Ne sentez-vous pas qu’ils trépignent d’impatience? Bon, ils sont fins prêts pour leur première excursion. Ils partiront ainsi une fois par semaine, en compagnie de deux moniteurs. Et s’en souviendront toute leur vie, tant ils étaient fatigués au retour. Une première expérience de dépense d’énergie extrême pour plusieurs. Car c’est une chose de faire un peu de bicyclette dans les rues du quartier. C’en est une autre de pédaler 16, 20, 30 km, de partir pour une journée entière.

Ils sont allés au parc Maisonneuve, au Parc olympique, au centre Étienne-Desmarteau, se sont rendus se baigner dans différentes piscines. Ils ont même franchi des ponts, pour se rendre à Laval et en revenir. Deux ponts différents. Une découverte totale pour certains. « Ils rentraient épuisés… et souriants, raconte Lise Beauchemin. Grisés par un grand sentiment de liberté et d’indépendance. Ce sont leurs mots. Et les parents étaient au comble du bonheur. Tout ce beau monde allait enfin se coucher tôt! » Il n’était d’ailleurs pas rare d’en rencontrer quelques-uns le lendemain matin venus expressément commenter l’expérience de leur jeune.

Mais voilà que les filles du même âge regardent les garçons d’un œil jaloux et réclament à leur tour les vélos. Puis ce sont les 11-12 ans qui entament des négociations. Si bien qu’ils sont partis, un beau matin, pour le Parc olympique, boîtes à lunch et équipement de tennis sous le bras… façon de parler.

« Lorsque nous avons fait l’évaluation des activités de l’été, nous avons eu la surprise de constater que les activités vélo faisaient l’unanimité, note madame Beauchemin. Les jeunes nous ont tous mentionné qu’elles avaient été leurs préférées. Même ceux qui n’en avaient pas fait! » C’est ce qu’on pourrait appeler un message clair. Nul besoin de décodeur! Il y en a sûrement quelques-uns, assis sur les bancs d’école, qui rêvent déjà au prochain camp de jour. Il semble bien que le vélo, ça change le monde…

 

Brigitte Therrien

agente de communication

Fédération québécoise des centres communautaires de loisir